« Homs. Syrie, la vie d’après » sur Public Sénat : une ville sur le chemin de la reconstruction


Une famille alaouite, à Homs. Épargnés pendant la guerre, les alaouites sont victimes de violences meurtrières.
Une famille alaouite, à Homs. Épargnés pendant la guerre, les alaouites sont victimes de violences meurtrières. Zadig Productions
Depuis la chute de Bachar Al Assad il y a un an, les habitants de Homs, cité multiconfessionnelle ravagée par la guerre, tentent de revivre et de se projeter. Un documentaire du journaliste et réalisateur syrien Daham Alasaad, à voir samedi 6 décembre, à 21 heures, sur Public Sénat et en replay sur publicsenat.fr.

Plus de 50 000 habitants morts en détention ou assassinés, 400 000 forcés à l’exil, 5 000 bâtiments réduits en ruines, à perte de vue, et toute une mémoire emportée avec eux. Plaie ouverte pendant la guerre, Homs porte encore aujourd’hui les stigmates de cinquante-trois ans de dictature du clan Assad. C’est là, dans cette grande ville de l’ouest où il a grandi, qui fut le cœur battant puis meurtri de la révolution de 2011, que le journaliste et réalisateur syrien Daham Alasaad a choisi de fouler la terre pour la première fois depuis treize ans.

Au fil de ses rencontres avec Bilal, Nezar et les autres, le documentariste propose un voyage dans les souvenirs encore à vif de la guerre, un an après la chute de Bachar Al Assad. Endeuillés et chassés de chez eux, certains reviennent d’exil, de Turquie ou d’Allemagne, pour redécouvrir leur ville et préparer un retour définitif, qui sait, dans cette « nouvelle Syrie » dont le président et ex-djihadiste Ahmed Hussein Al Charaa se targue. Car à la peur viscérale des sunnites pendant les années Assad, se substitue désormais celle de la communauté du clan déchu, les alaouites, épargnés pendant la guerre mais victimes de violences meurtrières, comme en mars 2024 dans la région côtière syrienne.

Rana, alaouite, dit avoir peur et se sentir « coincée ». « On a forcé mon frère à rejoindre l’armée d’Assad, c’était une injonction patriotique (…) C’est toujours l’alaouite qui est opprimé, pauvre et celui dont on piétine la dignité. » Même si un responsable local du nouveau régime assure « qu’aucune confession n’a le monopole », le prêtre Michel Naaman et le père Jacques Mourad, archevêque syriaque catholique, ne sont pas davantage rassurés. « Quand on parle de paix civile, honnêtement, elle n’existe que pour les sunnites », estime cet ancien détenu de Daesh.

Ce documentaire, qui aurait gagné à avoir une tonalité plus intime, montre à quel point, même libérée du tyran Assad, la Syrie et sa mosaïque de confessions doivent encore trouver le chemin de l’apaisement et de l’espoir.