Guerre en Ukraine, jour 1381 : ce qu’il faut retenir de la situation du vendredi 5 décembre


Le recours aux avoirs russes gelés en Europe pour financer l’Ukraine aura des « conséquences considérables » pour l’Union européenne, a déclaré l’ambassadeur russe à Berlin vendredi 5 décembre, au moment où le chancelier allemand et le premier ministre belge doivent discuter du sujet.

« Toute opération avec les avoirs souverains de la Russie sans l’accord de la Russie serait du vol. Et il est clair que le vol de fonds de l’État russe aura des conséquences d’ampleur », a dit, dans un communiqué l’ambassadeur de Russie à Berlin, Sergueï Netchaïev.

Selon lui, la réputation de l’UE dans le monde des affaires « pourrait être détruite », évoquant aussi d’« interminables procédures judiciaires », et un « chemin vers l’anarchie juridique et la destruction des fondements du système financier mondial » dont l’Europe serait la première victime. « Nous sommes confiants sur le fait que Bruxelles et Berlin comprennent cela », a-t-il estimé.

Le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov a affirmé vendredi qu’un gratte-ciel de Grozny, la capitale de la Tchétchénie, avait été attaqué par un drone ukrainien, affirmant que cette frappe n’avait pas fait de victimes.

« Ce genre d’actes n’est rien d’autre qu’une tentative de faire peur à la population civile et de créer l’illusion d’une pression » de l’Ukraine sur la Russie, a dénoncé Ramzan Kadyrov, dans un message sur Telegram.

De nouveaux entretiens entre Ukrainiens et Américains étaient prévus vendredi à Miami en Floride pour discuter du plan américain visant à mettre fin à la guerre avec la Russie, a indiqué un responsable à Kiev.

« Oui, une nouvelle réunion est attendue pour aujourd’hui », a déclaré Oleksandre Bevz, un conseiller de la présidence ukrainienne. Il a précisé que le négociateur en chef de Kiev, Roustem Oumerov, était sur place.

Un responsable américain s’exprimant sous le couvert de l’anonymat avait déclaré mercredi que l’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, ainsi que le gendre du président américain, Jared Kushner, allaient rencontrer Roustem Oumerov jeudi en Floride.

Si « le processus diplomatique se déroule principalement en coulisses, (…) les positions sont claires », « l’Ukraine veut la fin de la guerre et est prête à des discussions », a dit sur X Mykhaïlo Podoliak, un autre conseiller de la présidence ukrainienne.

Emmanuel Macron a appelé à maintenir « l’effort de guerre » en faveur de l’Ukraine et accroître « la pression sur l’économie russe ». Il a également plaidé, depuis la Chine, pour l’unité entre Européens et Américains vis-à-vis de la Russie.

« Il faut maintenir l’effort de guerre (…) accroître la pression en particulier sur l’économie russe », a le président français. « L’unité entre les Américains et les Européens sur la question ukrainienne est indispensable », a-t-il ajouté. « Il ne faut surtout céder à aucun esprit de division entre Européens et Américains. Nous avons besoin des États-Unis pour avoir la paix. Les États-Unis d’Amérique ont besoin de nous pour que cette paix soit robuste et durable. »

Vladimir Poutine, reçu par le premier ministre indien Narendra Modi, a déclaré que Moscou continuerait « de livrer du pétrole sans interruption » à New Delhi. « La Russie fournit de manière fiable du pétrole, du gaz, du charbon et tout ce qui est nécessaire au développement énergétique de l’Inde », a expliqué le président russe devant son allié indien.

« Nous sommes prêts à continuer des livraisons sans interruption de pétrole pour l’économie indienne en croissance rapide », s’est engagé le président russe, alors que le chef du gouvernement indien est sous pression des États-Unis pour qu’il cesse ces achats de produits pétroliers russes, en pleine guerre en Ukraine.

Narendra Modi a déroulé le tapis rouge pour son hôte, en l’accueillant lui-même à l’aéroport de New Delhi et en lui offrant un dîner privé. Vendredi, il a remercié le chef du Kremlin pour son « engagement inébranlable envers l’Inde » et a assuré que « la sécurité énergétique était un pilier solide du partenariat indo-russe ».