Les coopératives agricoles du Sud-Ouest creusent leur sillon malgré les vents contraires


Ce lundi, le gouvernement sonnera le tocsin aux marchés de Rungis, près de Paris, en lançant la série de conférences sur la souveraineté alimentaire sous le nom « Le grand réveil alimentaire ». Prévues par la loi d'orientation agricole (LOA) de mars dernier, ces conférences réuniront toute la chaine alimentaire, des agriculteurs et transformateurs aux distributeurs.

L’objectif est d’établir d'ici à l'été 2026 un état des lieux des sept filières. Et surtout de déterminer une stratégie de hausse de la production à dix ans, alors que la balance commerciale agricole devrait cette année être dans le rouge pour la première fois depuis 1978.

Dans les campagnes, l’alerte a été donné il y a longtemps et des mesures sont déjà mises en œuvre ont rappelé, à quelques jours d’intervalle, deux des plus grandes coopératives du Sud-Ouest, la basque Lur Berri et la landaise Maïsadour, réunissant respectivement 5 000 et 5 100 agriculteurs.

Chiffre d'affaires en hausse

Sans oublier « la guerre aux portes de l’Europe et les aléas sanitaires, que ce soit la grippe aviaire ou la tuberculose pour les vaches… Tout cela renforce notre conviction d’investir dans l’amont, c’est-à-dire les moyens de production et l’accompagnement au développement et à l’installation d’agriculteurs et d’éleveurs », estime quant à lui Eric Narbaïs-Jauréguy, président de Lur Berri.

Ainsi, la coopérative, qui a réalisé un chiffre d’affaires en légère hausse à 1,3 milliard d’euros sur son exercice clos fin juin, accompagne ses adhérents dans la diversification des productions de légumes, telle que le maïs doux. Ou encore les investissements dans les bâtiments, comme la création d’un centre collectif pour la naissance des cochons à Came (Pyrénées-Atlantiques), afin d’augmenter la production.

« Tout comme Labeyrie [dont Lur Berri détient 46%, ndlr], nos partenaires Bigard et LDLC sont demandeurs de volumes. Nous prévoyons de passer de 2 à 5 millions de pièces de volailles d’ici 2028, détaille Martine Chaléon, secrétaire générale de la coopérative, depuis le siège à Aïrcirits, au pied des Pyrénées. C’est le seul marché de production animale en croissance en France, mais je rappelle qu’un poulet sur deux est aujourd’hui importé. Sur tous les marchés, on peut augmenter nos parts et développer d’autres pans, tel que l’engraissement des veaux et l’abattage des porcs. Au niveau mondial, la consommation de viande est en hausse », ajoute-t-elle.