Spatial : Airbus et Thales Alenia Space en pleine mue face à la course mondiale aux constellations


« Vous avez devant vous une production européenne industrialisée», lance Alain Fauré, directeur des systèmes spatiaux chez Airbus Defence & Space, devant le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, et Martin Briens, secrétaire général du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères en visite à Toulouse ce lundi 16 février.

Seize satellites par mois

Airbus démarre dans une semaine à Toulouse la production de sa ligne d'assemblage finale (FAL) pour les satellites de remplacement de OneWeb, la deuxième plus grande constellation mondiale de télécoms après celle de l'américain Starlink. Dès 2018, le géant européen avait implanté à Toulouse une nouvelle usine de 4 600m2 pour expérimenter pour la première fois la production en série de satellites pour fabriquer les dix premiers modèles de la constellation, le reste (plus de 600 exemplaires) ayant été produit en Floride. Passée depuis sous capitaux européens, la constellation OneWeb a pu réinternaliser une partie de la production en France pour la nouvelle génération (chaque satellite ayant une durée de vie de sept ans).

« Depuis 2025, nous avons rapatrié à Toulouse l'une des deux lignes d'assemblage. Nous avons 440 exemplaires commandés et nous devrions en livrer une soixantaine cette année. En rythme de croisière, elle produira 16 satellites par mois, donc environ un par jour », explique Alain Frizon, directeur de l'établissement d'Airbus Defence & Space à Toulouse. Une centaine de salariés seront mobilisés sur la FAL à une cadence inédite : il faudra compter seulement cinq semaines pour l'assemblage complet d'un satellite, le lancement simultané de la production permettra de tenir l'objectif de livraison à terme d'un satellite par jour.

Pour roder le processus d'industrialisation, la branche spatiale d'Airbus fait appel à ses homologues des avions. « Nous avons des compétences sur la chaîne de production, l'ingénierie, le logiciel sur les avions ou les hélicoptères qui peuvent venir ici. Nous utilisons également des composants électroniques développés dans l'automobile », explique Alain Fauré. L'usine mobilise également des technologies de pointe : des capteurs permettent d'automatiser les tests des antennes, un cobot (robot collaboratif) est utilisé pour repositionner les batteries et éviter des manipulations complexes aux opérateurs et un alignement 3D du satellite est réalisé pour vérifier l'assemblage.